« Charlie Windelschmidt nous offre une mise en scène magnifiquement orchestrée, avec brio il joue avec les contraires : sérieux et dérision, philosophie et burlesque, rigueur et débordement. »
« Et les sept nains ? n’est pas un spectacle confortable, mais une expérience théâtrale galvanisante, à la fois drôle, politique et vertigineuse. (…) Le spectacle étonne, amuse, déstabilise, mais toujours avec justesse et audace. »
« Un théâtre libre, intelligent et joyeusement impertinent, qui redonne tout son sens à l’art de penser ensemble, en riant, le monde qui nous échappe. »
Présentation
Création les 4, 5, 6, 7 novembre 2025 au Quartz, scène nationale de Brest
Sous la direction de Charlie Windelschmidt, la compagnie Dérézo a décidé de faire des sept personnages populaires du célèbre conte des frères Grimm, les protagonistes insolents d’un incontestable procès fictif. Comme le conte ne connaît pas le temps, ils ne sont plus les petits rigolos échappés d’un dessin animé, ils ont grandi, et ils vont nous le prouver. Nous allons donc pouvoir enfin savoir qui est vraiment cette Blanche Neige et d’où sort cette histoire qui a traversé innocemment les siècles. Entreprise dadaïste d’investigation des non-dits du conte, tribunal des inavouables secrets de cette bande insoupçonnable, ce spectacle, au prétexte captivant de deviner les ressorts qu’emprunte la littérature enfantine pour influencer nos conduites d’adultes, montre la tradition joyeusement percutée par la modernité.
La question ainsi posée, « Et les sept nains ? », nous convoque à lire entre les lignes, débouchant par l’absurde sur un certain rapport au désir et à la vérité que la raison ne veut pas connaître. Ces sept prévenus, cloîtrés et fusionnels, programmés par le travail et la routine, se voient, un beau jour, percutés par l’arrivée inattendue d’une jeune femme, une étrangère, une « autre ». Pour la protéger ils la cloîtrent chez eux, attachée aux tâches domestiques pendant qu’ils partent fièrement travailler : ils vont devoir maintenant, tour à tour et au 21ème siècle, s’en expliquer devant le procureur. Idem pour cette entente collective à offrir, post mortem, le corps de celle-ci au premier prince charmant qui passait dans le coin. Dans ce procès furieux des agissements du groupuscule, pas de satire sociale du type les riches et les pauvres, les bons et les méchants, mais plutôt les paysages de ceux qui se confrontent à leur rêve face à ceux qui se soumettent aux lois de ladite réalité.
Faut-il écouter ses désirs ou laisser la société les choisir pour soi ? Ne sommes-nous que des objets jetés en pâture à la jouissance des autres ? Quelle est ma part de responsabilité dans ce qui m’arrive ? Avaient-ils besoin d’un procès pour voir au-delà des murs gigantesques du petit monde de leurs bonnes intentions ? Dans ses excès, ses contradictions, ses angoisses et ses héritages, voici notre époque passée au crible. Car même si le conte ignore le temps, ce joyeux contrepoint judiciaire-imaginaire-rêvé, ouvre la possibilité d’un présent déjà là, signal mystérieux d’un petit quelque chose qui apparait dans les discours et que la rêveuse (Blanche Neige) ne sait pas encore : certains cauchemars peuvent-ils désigner des réalités heureuses ?
Bâti sur une dramaturgie du déplacement et du renversement, voici donc un précis de déconstruction du conte où le théâtre devient un tribunal prolifique et vice-versa. Celui d’une expérience radicale de ce qui nous assujettit, des inters-dits du conte, et plus loin, celui d’une jouissive suite politique à la fable de notre enfance, où la fiction et l’humour se font les outils puissants d’interrogation de nos innocentes banalités.
Revue de presse
« La langue, ici, sert à « lire entre les lignes ». Elle est le moyen d’explorer les zones d’ombre, de chercher le caché, de s’aventurer dans le noir où « on se cogne à la vérité ».
« pour peu qu’on accepte de se laisser porter par ce courant où l’humour le dispute au discours critique et à l’érudition, on s’amuse beaucoup. »
« on aurait tort de ne pas saluer l’exercice de style, et avec lui l’exigence qui le nourrit et crée un spectacle aussi divertissant qu’inventif. «
» Loin des images doucereuses de Blanche-Neige à la Walt Disney, la troupe mord dans la pomme à belles dents. »
« Entre humour décomplexé et vérités prononcées, la mise au jour de nos présupposés éclatent sous la lumière tamisée des projecteurs. »
« Une mise en scène détonante et fragmentée en divers niveaux de lecture, comme à l’accoutumée avec Derezo ! (…) Entre rire et sérieux assumés, la troupe et le public mordent à pleines dents dans ce nouveau livret d’images. »
« Charlie Windelschmidt, à la manœuvre de la compagnie Derezo, offre à son tour un original et truculent retour à la réalité. Il est vrai qu’il est coutumier de spectacles hors norme, loin des mises en scène stéréotypées ! »